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Formats de fichiers : le petit guide pour ne plus jamais se planter

Envoyer un PNG à la place d’un JPG, ou un PSD à quelqu’un qui n’a pas Photoshop : tout le monde a déjà fait la boulette. Petit guide pour ne plus s’y perdre.

Il y a ce moment classique où quelqu’un envoie un logo « en PDF » parce que c’est le seul format qu’il connaît, et où la personne en face aurait justement eu besoin d’autre chose. Personne n’est fautif : les formats de fichiers ne s’expliquent jamais vraiment nulle part, à part dans des documentations techniques qui donnent surtout envie de refermer l’onglet.

Ce guide sert justement à ça : donner des repères simples, sans prétendre transformer qui que ce soit en ingénieur du pixel. Il peut servir à Monsieur et Madame tout le monde qui reçoit un fichier bizarre par e-mail, tout comme à un stagiaire qui découvre qu’un « .ai » et un « .eps » ne sont pas la même chose.

Les images du quotidien

JPG (ou JPEG)

Le format que tout le monde connaît sans le savoir vraiment. Une photo prise avec un smartphone ou un appareil photo finit presque toujours en JPG.

Il vient d’un standard mis au point dans les années 1990 par le Joint Photographic Experts Group, un groupe de travail international dont le nom a fini par devenir le format lui-même. Sa force : un poids très réduit pour une photo. Sa faiblesse : une compression dite « destructive », qui supprime définitivement une partie des détails de l’image à chaque enregistrement. Rouvrir puis réenregistrer un JPG plusieurs fois finit par dégrader la qualité, un peu comme une photocopie de photocopie.

À utiliser pour : des photos, des visuels destinés au web ou aux réseaux sociaux.

PNG

Le PNG est né d’un petit clash technique. En 1994, l’entreprise Unisys a annoncé vouloir faire payer des royalties sur l’algorithme de compression utilisé par le format GIF, qu’elle avait fait breveter. La communauté technique s’est immédiatement mise en quête d’une alternative libre de droits : ce sera le PNG, dont la première spécification complète est approuvée par le W3C en 1996.

Contrairement au JPG, le PNG conserve une qualité intacte (compression dite « non destructive ») et gère la transparence, ce qui en fait le format de référence pour les logos. Contrepartie logique : un poids souvent plus élevé qu’un JPG pour une image comparable.

À utiliser pour : les logos, les visuels avec transparence, les captures d’écran.

WebP

Beaucoup moins connu du grand public, mais de plus en plus présent sur le web. Développé par Google et annoncé en 2010, le WebP promet, selon les propres mesures de Google, une taille de fichier réduite d’environ 45 % par rapport à un PNG équivalent, tout en gérant aussi bien la compression avec perte que sans perte, la transparence et même l’animation.

À utiliser pour : optimiser des images sur un site web, en remplacement direct du JPG ou du PNG.

GIF

Le fameux format des animations qui tournent en boucle. Sorti en 1987 chez CompuServe, il est aujourd’hui presque exclusivement utilisé pour de courtes animations plutôt que pour des photos, faute de pouvoir afficher plus de 256 couleurs à la fois.

À utiliser pour : de petites animations simples, jamais pour une photo de qualité.

HEIC

Le format par défaut des photos prises sur un iPhone récent. Basé sur le standard HEIF, il offre une meilleure qualité qu’un JPG à taille de fichier égale. Son défaut principal reste sa compatibilité limitée : un ordinateur ou un logiciel un peu ancien peut ne pas savoir l’ouvrir directement, d’où l’option, dans les réglages photo d’un iPhone, permettant de basculer sur « le plus compatible » (donc du JPG) plutôt que sur « haute efficacité ».

À utiliser pour : les photos prises sur iPhone, à condition de vérifier que le destinataire peut les ouvrir — ou de les convertir en JPG avant envoi.

Les formats plus « pro »

SVG

Le petit chouchou du web moderne pour tout ce qui est logo, icône ou illustration simple. Développé à partir de 1999 par le W3C, le SVG décrit une image sous forme de texte (du XML), plutôt que sous forme de pixels. Résultat : une image en SVG peut être agrandie à l’infini, sur un écran de smartphone comme sur un panneau publicitaire, sans perdre le moindre détail.

À utiliser pour : les logos et icônes destinés au web, quand il faut qu’ils restent nets à toutes les tailles.

EPS et AI

Deux formats vectoriels utilisés en graphisme professionnel. L’EPS (Encapsulated PostScript) est un ancien standard toujours utilisé pour échanger des visuels vectoriels entre logiciels différents. L’AI est, lui, le format natif d’Adobe Illustrator.

Contrairement à un JPG ou un PNG, ces fichiers restent modifiables (les tracés, les courbes, les calques) et permettent un agrandissement sans perte, comme le SVG. En contrepartie, ils nécessitent un logiciel adapté pour être ouverts correctement.

À utiliser pour : l’impression professionnelle et l’échange de fichiers entre graphistes.

PSD

Le format natif de Photoshop. Contrairement à un JPG bien plat, un PSD conserve les calques, les masques et les réglages, ce qui permet de reprendre un visuel là où il a été laissé. C’est un format de travail, pas un format de diffusion : un PSD envoyé à quelqu’un qui n’a pas Photoshop (ou un logiciel compatible) ne s’ouvrira tout simplement pas.

À utiliser pour : le travail en cours en retouche photo ou en composition graphique, jamais pour un envoi final.

TIFF

Un format historique de l’imprimerie et de la photographie professionnelle, mis au point en 1986 par l’ingénieur Stephen Carlsen chez Aldus Corporation (l’éditeur de PageMaker, racheté depuis par Adobe), dans le but de mettre tout le monde d’accord sur un format commun pour les images scannées. Le TIFF conserve une qualité maximale, sans compression destructive, ce qui en fait un standard encore utilisé en impression haut de gamme et en archivage.

À utiliser pour : l’impression professionnelle et l’archivage d’images en haute qualité.

RAW

Ce n’est pas un format unique, mais une famille de formats propriétaires (CR2 et CR3 chez Canon, NEF chez Nikon, ARW chez Sony, et ainsi de suite). Un fichier RAW contient les données brutes captées par le capteur de l’appareil photo, sans aucun traitement ni compression appliqués par l’appareil. Cela laisse une marge de manœuvre bien plus grande pour retoucher exposition et couleurs après coup, au prix d’un poids de fichier nettement plus élevé et de la nécessité d’un logiciel compatible pour l’ouvrir.

À utiliser pour : la photographie professionnelle ou semi-professionnelle, quand une retouche poussée est prévue.

Les documents

PDF

Le format universel par excellence, mis au point par Adobe dans les années 1990 précisément pour qu’un document conserve exactement la même mise en page, quel que soit l’ordinateur, le système d’exploitation ou l’imprimante utilisés pour l’ouvrir.

C’est un excellent format de diffusion, beaucoup moins pratique dès qu’il faut modifier le contenu : un PDF n’est pas vraiment conçu pour être édité, même si certains outils permettent de bricoler des corrections ponctuelles.

À utiliser pour : un document final à partager, imprimer ou faire signer, jamais comme format de travail intermédiaire.

Et les autres, pour les curieux (et les stagiaires)

Un dossier de production ne contient pas que des images. Quelques repères en plus, utiles pour ne pas être perdu face à d’autres extensions courantes.

Côté son, le MP3 reste le format compressé le plus répandu, tandis que le WAV conserve un son non compressé, plus lourd mais plus fidèle, souvent utilisé en studio avant l’export final.

Côté vidéo, le MP4 est devenu le format d’export le plus courant, largement compatible partout, tandis que le MOV reste très lié à l’écosystème Apple et aux logiciels de montage professionnels.

Côté archives, le ZIP (inventé en 1989 par Phil Katz) reste le format de compression le plus universel, alors que le 7z, plus récent et développé par Igor Pavlov, offre généralement un taux de compression supérieur, tout en restant entièrement gratuit et open source.

Tableau récapitulatif

BesoinFormat à privilégier
Photo pour le web ou les réseauxJPG ou WebP
Logo avec transparencePNG ou SVG
Logo destiné à l’impressionEPS, AI ou SVG
Document à partager ou imprimerPDF
Fichier de travail en retouche photoPSD
Photo pro à retoucher en profondeurRAW
Image scannée ou impression haut de gammeTIFF
Compresser plusieurs fichiersZIP ou 7z

Trois réflexes utiles

  • Avant d’envoyer un fichier, se demander si la personne en face pourra réellement l’ouvrir avec ses logiciels.
  • Ne jamais envoyer un fichier de travail (PSD, AI) comme livrable final : exporter d’abord en PDF, JPG ou PNG selon l’usage.
  • En cas de doute entre deux formats d’image, le PDF reste souvent la valeur refuge pour un document, et le PNG pour un visuel simple.

Un format de fichier n’a jamais eu besoin d’être aimé. Juste d’être le bon, au bon moment.

Repères & crédits

  • Article : Fofent
  • Organisations et personnes citées : Joint Photographic Experts Group, W3C, Google, CompuServe, Apple, Aldus Corporation, Adobe, Stephen Carlsen, Phil Katz, Igor Pavlov
  • Sujet : vulgarisation des formats de fichiers courants

Sources


Transparence : cet article a été corédigé avec l’aide d’Euria, l’intelligence artificielle d’Infomaniak.