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Open Food Facts, la loupe collaborative du supermarché

Un code-barres peut raconter beaucoup plus de choses qu’un prix. Open Food Facts transforme les emballages alimentaires en données consultables et partageables.

Scanner un produit dans un supermarché, c’est un peu comme jouer aux devinettes avec l’étiquette d’un plat mystère, sauf qu’ici la loupe est numérique.

Open Food Facts part d’une idée assez simple : rassembler dans une base ouverte les informations présentes sur les emballages alimentaires afin qu’elles puissent être consultées, comparées et réutilisées.

Le code-barres devient alors une porte d’entrée vers la fiche du produit.

Une sorte de Wikipédia de l’alimentation

Open Food Facts repose sur une logique collaborative, portée depuis le 11 avril 2014 par une association loi 1901 constituée à Paris, au NUMA, pour donner un cadre légal à but non lucratif à un projet qui grandissait déjà rapidement depuis deux ans.

Les informations peuvent être ajoutées et complétées par la communauté à partir des emballages : nom du produit, ingrédients, informations nutritionnelles, labels, allergènes, quantité ou photographies.

La comparaison avec Wikipédia vient assez naturellement.

La base ne dépend pas uniquement d’un catalogue fermé fourni par une chaîne de magasins. Les contributeurs participent à la construction et à l’amélioration des données, disponibles sous licence ouverte Open Database License (ODbL), les photos suivant quant à elles une licence Creative Commons.

Cette ouverture possède évidemment une contrepartie : une base collaborative peut contenir des informations incomplètes, anciennes ou incorrectes.

L’emballage du produit reste donc une référence importante lorsqu’une information alimentaire possède un enjeu direct pour la personne qui le consomme.

Scanner plutôt que déchiffrer

L’application mobile rend le principe beaucoup plus concret.

Un code-barres est scanné et, lorsque le produit est présent dans la base, sa fiche apparaît.

Il devient alors possible de retrouver rapidement sa composition et différents indicateurs calculés ou repris à partir des données disponibles.

Le Nutri-Score, lorsqu’il est applicable et disponible, synthétise certaines caractéristiques nutritionnelles à l’aide d’une échelle allant de A à E. Le dispositif reste facultatif pour les fabricants, mais il est piloté depuis 2021 par une gouvernance transnationale associant sept pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Pays-Bas et Suisse), organisée autour d’un comité de pilotage réunissant les autorités compétentes de chaque pays et d’un comité scientifique indépendant chargé d’évaluer l’algorithme et de proposer des ajustements fondés sur des preuves.

Open Food Facts travaille également avec des informations environnementales et différents indicateurs dont les méthodes et appellations peuvent évoluer.

C’est un point à garder en tête : un score simplifie volontairement une réalité beaucoup plus complexe.

Il peut servir de repère. Il ne transforme pas pour autant un aliment en verdict médical contenu dans une lettre ou une couleur.

Une base de données qui dépasse l’application

L’un des aspects les plus intéressants d’Open Food Facts est peut-être moins visible dans le rayon du supermarché.

Les données sont ouvertes et peuvent être réutilisées dans d’autres projets, travaux de recherche ou applications selon les conditions prévues par la licence ODbL.

Open Food Facts devient alors autre chose qu’un scanner de courses.

C’est une infrastructure de données construite collectivement.

Un paquet de biscuits photographié quelque part peut contribuer à une base utilisée ensuite pour analyser des produits, créer un outil ou étudier certaines évolutions du marché alimentaire.

Le geste individuel rejoint ainsi un projet beaucoup plus large.

La curiosité plutôt que le verdict

Ce type d’application peut facilement être utilisé comme une machine à classer les aliments entre « bons » et « mauvais ».

Ce serait pourtant réduire fortement l’intérêt de l’outil.

Une fiche alimentaire permet surtout de regarder plus précisément ce qui se trouve sur l’emballage, de comparer deux produits ou de comprendre certaines informations qui seraient autrement noyées dans une étiquette minuscule.

Open Food Facts n’a pas besoin de transformer les courses en examen.

Il peut simplement apporter un peu plus de contexte.

Repères rapides

  • Nature : base de données alimentaire ouverte et collaborative, portée par une association loi 1901 depuis 2014.
  • Contribution : les utilisateurs peuvent ajouter ou compléter des produits.
  • Licence : données sous Open Database License (ODbL), photos sous licence Creative Commons.
  • Accès : site web, application et données réutilisables.
  • Informations : ingrédients, nutrition, labels et autres données présentes ou calculables à partir des fiches.
  • Point de vigilance : les informations collaboratives doivent être interprétées avec leur contexte et ne remplacent pas l’étiquette ni un avis professionnel lorsqu’il est nécessaire.

Scanner un paquet de céréales ne changera probablement pas le monde avant le passage en caisse. Mais savoir enfin ce qui se cache derrière une ligne minuscule de l’emballage, c’est déjà plutôt pratique.

Repères & crédits

  • Projet : Open Food Facts
  • Initiative : association loi 1901, constituée le 11 avril 2014 à Paris
  • Type : base de données ouverte sur les produits alimentaires
  • Site officiel : openfoodfacts.org

Sources


Transparence : cet article a été corédigé avec l’aide d’Euria, l’intelligence artificielle d’Infomaniak.